Un handicapé saisit la HALDE pour avoir été écarté d'une soirée réveillon
2010-12-31 09:53:20.359

Handicapé moteur, Sébastien, 30 ans, voulait passer la Saint-Sylvestre dans une soirée dansante pour célibataires. On le lui a refusé. "Pour le protéger", argumente la directrice du club.
"Ce n'est pas de la discrimination, c'est de la protection". Sylvie Frelet, directrice d'un club de rencontres à Dijon n'en démord pas : non, elle n'a pas refusé l'inscription d'un jeune homme à la soirée du Réveillon au motif qu'il est handicapé. Elle le dit, elle le répète. L'histoire est relatée ce jeudi dans le quotidien régional Le Bien public sous le titre : "Il se voit refuser l'accès à une soirée du réveillon à cause de son handicap".
L'histoire, la voici. Lundi dernier, Sébastien Mertel, 30 ans, et Danièle, sa mère décident de s'inscrire au réveillon organisé par un club de rencontres. Il est célibataire, elle est divorcée, voici l'occasion de fêter le passage en 2011 agréablement. Danièle appelle pour s'inscrire. "Sylvie Frelet me demande alors si je suis la mère de Sébastien, raconte-elle à TF1 News. Quand je lui ai répondu oui, elle m'a expliqué que son club ne prenait pas de personnes handicapées..." Handicapé moteur suite à un cancer quand il avait 3 ans, Sébastien a une partie du visage paralysée.
"Je voulais éviter que ce garçon ressente du rejet"
Il y a quelques temps, la directrice du club avait déjà eu Sébastien Mertel au téléphone. Il voulait s'inscrire, elle lui avait opposé une fin de non-recevoir. "Elle s'était rendu compte de mon handicap à cause de mon problème d'élocution, se souvient Sébastien Mertel. Elle m'avait demandé si j'étais en fauteuil roulant et puis elle avait fini par me dire que son club n'acceptait pas de personnes handicapées..." La raison de ce refus ? Elle ne voulait pas que les autres adhérents se sentent mal à l'aise, affirme Sébastien. Selon sa mère, les mêmes raisons sont avancées lundi. "Elle m'a précisé qu'elle dirigeait son club comme elle l'entendait, dit la mère de Sébastien. Cette femme m'a dit ça d'une froideur à me glacer le sang".
"Je ne lui ai jamais interdit l'inscription à la soirée du Réveillon", martèle aujourd'hui, Sylvie Frelet, un brin agacée par la proportion prise par cette affaire. Jointe par TF1 News, elle argumente : "Ce n'était pas un refus, c'était un moyen de le protéger, dit-elle. Dans des soirées rencontres, c'est toujours compliqué pour les personnes qui ont un lourd handicap, on leur refuse de danser, on s'intéresse pas vraiment à elles... Moi, je voulais éviter que ce garçon ressente du rejet. Celle qui se dit touchée par le cas de Sébastien estime que "revivre un nouveau rejet quand on a un handicap lourd, c'est super dur..." Elle raconte aussi avoir proposé à Sébastien d'autres activités "où il y avait davantage de bienveillance que dans une soirée dansante comme des ateliers communication sur la confiance en soi, sur le partenaire idéal, sur la communication entre les hommes et les femmes etc."
"Comment je peux vivre les choses, c'est mon problème pas le sien", répond Sébastien. D'ailleurs comment peut-elle me juger alors qu'elle ne m'a jamais vu ?" Selon lui et sa mère, l'organisatrice ne voulait surtout pas instaurer le malaise chez ses invités. "Elle ne m'a jamais parlé d'une gêne pour Sébastien", maintient Danièle Merlet. Cette dernière a porté l'affaire devant la Halde, (Haute autorité de lutte contre les discriminations). Et ce réveillon finalement ? "On ne sait pas encore, répond Danièle Merlet. Avec cette histoire, on a eu des invitations de toutes parts !"
Article original sur LCI
Retour sur Rencontre-HandicapRencontre avec l'association "Mains ouvertes" où des handicapés mentaux partagent la vie quotidienne d'assistants volontaires
2010-12-30 10:12:35.828

REIMS (Marne). Depuis 7 ans, l'association rémoise « Mains ouvertes » a su mener à bien son projet : créer deux foyers à Reims pour accueillir des adultes handicapés mentaux sous le signe de l'Arche.
MULTIPLIANT les initiatives et les rencontres, organisant des marches, des concerts, des expositions, « Mains ouvertes » et sa présidente Danièle Gaté ont su parfaitement « mener leur barque » vers la réalisation des foyers situés rue de Verdun et Rue de Sacy, qui sont entrés dans la communauté de l'Arche. Elisabeth Laurent en est la directrice.
Des adultes handicapés mentaux y partagent la vie quotidienne avec des assistants volontaires.
Trouver sa place
Sortie de terre en second, la maison de la rue de Sacy comporte 13 chambres individuelles, une grande salle à manger où chacun à sa mission à tour de rôle : mettre la table, débarrasser, faire le café… comme cela se passe dans toute famille.
Les pensionnaires peuvent avoir des activités avec les 17 personnes de 20 à 64 ans - elles aussi handicapées - accueillies à la journée par une structure complémentaire, le SAJ (service d'activités de jour).
Perrine est responsable des ateliers où l'on réalise des projets individuels ou collectifs. Peinture, travaux manuels, créativité : un journal est à l'étude « mais nous sommes en attente d'ordinateurs » soupire l'assistante… Certains vont à Taissy faire du judo, d'autres discutent autour du match de foot à la télévision, le but étant de favoriser le partage, de faire en sorte que chacun trouve sa place et développe ses capacités.
Admissions
Parmi les assistants, cinq jeunes effectuent ainsi leur service civique.
En ce qui concerne les admissions des pensionnaires, elles se font sur la base d'un taux fixe demandé aux familles mais il y a l'APL, des possibilités d'aide sociale, d'allocations adulte handicapé (l'AAH par la CAF) et le MG (minimum garanti). Certains pensionnaires vont travailler en Esat.
Le budget de fonctionnement est assuré par le Conseil général.
Pour connaître les conditions, le mieux est de se rendre sur place rue de Sacy pour rencontrer la directrice et également un personnage : Jean-Claude, qui a vécu dans d'autres structures de l'Arche et qui est en quelque sorte le « grand frère », considéré comme un trésor par l'équipe des encadrants : « il est bricoleur, magicien, bien autonome… Il a été envoyé ici par la communauté pour démarrer le foyer ».
Ces maisons répondent à un besoin qui, il y a 40 ans, avait sensibilisé le franco-canadien Henri Vanier : il avait alors créé la première Arche à Trosly-Breuil dans l'Oise avec des assistants venus de France, du Canada, d'Angleterre…
L'idée a fait son chemin et l'Arche internationale compte 5 000 membres et près de 140 communautés.
Là plus qu'ailleurs encore, la joie des retrouvailles en famille anime les fêtes, comme celle qui a eu lieu pour marquer l'ouverture de L'Arche Reims…
Article original sur lunion.presse.fr
Retour sur Rencontre-HandicapGala handicirque 2011 : chapiteau d'athlètes handicapés
2010-12-29 11:25:11.171

Rendez-vous sous le chapiteau du cirque Pinder, le 5 janvier à Paris, pour assister à une représentation unique : le Gala Handicirque qui, depuis trois ans, révèle sur la piste des champions Handisport dans des numéros audacieux !
Prouesses inédites le 5 janvier 2011 sous le chapiteau du cirque Pinder, pelouse de Reuilly, à Paris ! A l'occasion de la troisième édition du Gala Handicirque, une dizaine de sportifs Handisport, coachés par des artistes du cirque, participent à cette représentation exceptionnelle. Cette initiative, soutenue par la Fédération Française Handisport, est née en 2009, après les Jeux Paralympiques de Pékin, afin de présenter les athlètes handisport sous un jour différent, dans un spectacle de solidarité sportive et artistique. Idée novatrice, première au monde, elle a pour objectif de sensibiliser le public à l'insertion des personnes en situation de handicap physique dans les entreprises, la vie quotidienne, mais aussi dans les loisirs et le spectacle, dans des situations les plus inattendues.
Des athlètes en or
Le temps d'une soirée, ces sportifs relèvent toutes sortes de défis circassiens en se glissant dans la peau d'illusionnistes, d'équilibristes, d'acrobates ou de dresseurs. Plusieurs champions ont répondu présent à l'invitation de l'association Handicirque et du cirque Pinder.
- En tennis de table. Claire Mairie (championne du monde 2010), Thu Kamkasomphou (championne du Monde 2010 et championne paralympique 2008), Christophe Durand (double médaillé d'or aux Jeux Paralympiques 2008) et Maxime Thomas (Champion du monde par équipe 2010).
- En escrime. Pauline d'Hautefeuille (vice championne d'Europe 2009) et Robert Citerne (Champion du monde à l'épée par équipe 2010).
- En athlétisme. Djamel Mastouri (médaille de bronze au 1500m aux Jeux Paralympiques 2008) et Alain Akakpo (médaille de bronze en saut en longueur aux Championnat de France 2010).
- En cyclisme. John Saccomandi (médaillé de bronze aux Jeux Paralympiques 2008).
« Invalides » à l'honneur
Cette édition 2011 sera placée sous le patronage du gouverneur militaire de Paris. Certains des athlètes participants font partie du cercle sportif de l'institution nationale des Invalides (CSINI), à l'image de Djamel Mastouri. L'ensemble des bénéfices de cette soirée sera reversé à l'association Terre fraternité. Vous pouvez vous aussi prendre part au succès de ce gala en réservant dès maintenant vos places !
Article original sur handicap.fr
Retour sur Rencontre-HandicapRencontre avec Philippe Streiff, tétraplégique et ex-pilote de F1
2010-12-28 11:31:07.64

Tétraplégique, l'ex-pilote de F1 Philippe Streiff conduit pourtant lui-même sa voiture, un exploit à la fois humain et technologique.
Mars 1989. Essais du Grand Prix du Brésil. A la sortie d'un virage du circuit de Jacarepagua, dans la banlieue de Rio, la monoplace numéro 40 de l'écurie française AGS heurte une bordure à 250 km/h. La F1 décolle, percute un rail de sécurité avant de se désagréger dans une série de tonneaux. Extrait de la carcasse fumante, Philippe Streiff est encore en vie. A première vue, il ne semble pas très grièvement blessé. Mais les apparences sont trompeuses : paralysé des quatre membres, l'ex-rival d'Alain Prost et de Jacques Laffite reprend le cours de sa vie au terme de trois années d'hospitalisation. Depuis, ce sportif de haut niveau, titulaire d'un baccalauréat scientifique, se bat contre la fatalité, celle qui consiste à penser qu'une personne dans son état est condamnée à l'immobilité. Il crée d'abord sa société de relations publiques et se lance dans l'organisation d'un rallye pour enfants, le Jacadi Trophy, puis d'une compétition de karting à Bercy, l'Elf Masters. Elevé au rang de chevalier de la Légion d'honneur en 1995, le natif de Grenoble, auteur d'un podium au Grand Prix d'Australie dix ans plus tôt, fonde son centre de karting de loisir le long du
périphérique parisien et concourt au développement d'un système de conduite pour handicapés lourds.
Car pour Philippe Streiff, toujours pilote dans sa tête, pas question d'abandonner la conduite. La première voiture adaptée à son handicap lui est offert par Jean-Luc Lagardère, président de Matra, en 1994 ; la deuxième, par le patron de Renault, Louis Schweitzer, au moment de son départ en 2005. Après deux Espace et quelque 220 000 kilomètres parcourus, l'ancien pilote Renault goûte à présent au plaisir d'une grande berline allemande. La main droite sanglée à la poignée ergonomique, le coude gauche posé sur la contre-porte, Philippe Streiff contemple l'habitacle de sa nouvelle BMW, une GT5 développant 245 ch. « La voiture, c'est sa vie », remarque Jean-Daniel Kempf, le directeur de K.automobilité, la société qui a adapté la limousine bavaroise au handicap de Philippe. « Le fait qu'il soit pilote en a facilité la mise au point », ajoute-t-il. Une évidence qui prend tout son sens après quelques minutes passées au côté de ce conducteur pas comme les autres. Une fois installé à bord avec l'aide de deux personnes, Philippe Streiff affiche une incroyable aisance. Titulaire du permis « minimanche » depuis 1993 – seule une centaine de personnes le possèdent en France aujourd'hui –, le conseiller technique auprès du ministère des Transports démarre avant d'engager la première d'une simple impulsion donnée... avec l'épaule gauche ! De la main droite, et selon le même principe, Philippe gère la direction, en orientant le levier vers la droite ou vers la gauche, l'accélération, en le poussant, et le freinage, en le tirant.
En théorie, le système paraît simple. En pratique, il exige de la part de son utilisateur énormément de précision, d'expérience et de concentration. Dans la circulation urbaine, la gestion des piétons ajoute un peu de pression et, sur voies rapides, la vitesse n'accorde aucun droit à l'erreur. Du reste, la sueur perlant sur le front du conducteur traduit l'effort qu'il doit accomplir pour insérer sa BMW assistée dans le trafic. Une voiture dont les pédales ont été conservées pour permettre à un valide d'en prendre le contrôle si nécessaire. Il suffit pour cela de réenclencher le volant d'origine, qui se clippe, tel celui d'une formule 1, sur la colonne de direction. Au final, l'aménagement de cette voiture a réclamé près de trois mois de travail pour un coût total proche de 30 000 €. Une somme certes conséquente, mais qui ne représente pas grand-chose eu égard au bonheur procuré. « C'est extraordinaire, confie l'intéressé. Au sentiment de liberté s'ajoute le plaisir de piloter un véritable bijou de technologie. Quand les commandes vocales seront opérantes, je pourrai même contrôler la climatisation, le téléphone ou la radio... » Pour son vingt et unième Noël passé en fauteuil, Philippe Streiff ne pouvait espérer plus beau cadeau.
Article original sur Paris Match
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